À l’occasion de la Journée mondiale de la langue kiswahili, célébrée chaque 7 juillet, le journaliste Christian Balemba basé dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), plaide pour une cohabitation pacifique entre les locuteurs du kiswahili et les autres communautés congolaises. Il appelle à dépasser les stigmatisations, les discriminations et les divisions liées à la langue ou à l’appartenance communautaire.
Pour lui, le kiswahili, l’une des quatre langues nationales de la RDC, ne doit pas être associé à une identité ethnique, à une orientation politique ou aux conflits qui affectent certaines parties du pays. Cette langue représente plutôt un patrimoine culturel commun et un outil important d’intégration entre les populations.
« Une langue n’est ni coupable ni responsable des crises qui secouent une nation. Faire porter à une langue ou à ses locuteurs le poids des tensions politiques ou sécuritaires revient à renforcer les préjugés et à fragiliser les efforts de réconciliation », estime Christian Balemba.
Par ailleurs, il déplore la montée de certains discours qui tendent à créer des amalgames entre la langue parlée par une personne et son identité ou ses supposées appartenances. Selon lui, ces perceptions peuvent alimenter la méfiance et affaiblir le vivre-ensemble entre citoyens.
« Le kiswahili appartient à tous les Congolais », rappelle-t-il, soulignant que cette langue dépasse les frontières des provinces orientales du pays. Elle est également parlée dans plusieurs pays africains et joue un rôle majeur dans les échanges commerciaux, l’éducation, la culture, les médias et les relations sociales.
Sur le plan socioculturel, ce journaliste estime que les langues constituent des instruments de rapprochement lorsqu’elles sont utilisées pour favoriser le dialogue et la compréhension mutuelle. En revanche, leur instrumentalisation à des fins identitaires ou politiques peut contribuer à renforcer les divisions.
Il invite ainsi les acteurs politiques, les organisations de la société civile, les responsables religieux, les éducateurs et les professionnels des médias à promouvoir un discours responsable autour de la diversité linguistique. Pour lui, les mots ont un impact important dans la construction de la paix, car ils peuvent aussi bien rapprocher les communautés qu’exacerber les tensions.
Instituée par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), la Journée mondiale de la langue kiswahili vise à mettre en valeur le rôle de cette langue dans la promotion du dialogue interculturel, de la paix, de l’intégration régionale et du développement durable. En RDC, cette célébration rappelle également que les langues sont avant tout des moyens de communication et de rapprochement entre les peuples.
Joël Tshimuanga / Afrique-One.net