Les consultations intercongolaises ouvertes lundi 6 juillet 2026 à Bujumbura s’annoncent déterminantes pour l’avenir politique de la République démocratique du Congo. Initiée par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, cette rencontre vise à rapprocher les différentes parties afin de trouver une issue à la crise politique, sécuritaire et institutionnelle qui secoue le pays.

Dès l’ouverture des travaux, la coalition de l’opposition C64 a affiché une position sans équivoque. Par la voix de son porte-parole Mike Mukebayi, elle a fixé trois « lignes rouges » qu’elle considère comme indispensables à la tenue d’un dialogue crédible et sincère.

prélude à une réforme constitutionnelle destinée à prolonger le pouvoir du chef de l’État. Cette perspective est dénoncée par la C64 comme un « coup d’État constitutionnel ».

Les tensions se sont déjà traduites sur le terrain par plusieurs manifestations à Kinshasa, émaillées d’affrontements avec les forces de sécurité et ayant fait plusieurs blessés.

Créée le 20 mai 2026, la coalition C64 tire son nom de l’article 64 de la Constitution, qui impose à tout citoyen de faire échec à toute prise ou tout exercice du pouvoir en violation de la loi fondamentale. Elle rassemble plusieurs figures de l’opposition, notamment Martin Fayulu et Delly Sesanga, et s’est imposée comme l’un des principaux fronts opposés à toute modification de la Constitution.

Le choix d’Olusegun Obasanjo comme principal médiateur n’est pas anodin. Fort de son expérience dans plusieurs processus de paix sur le continent, l’ancien président nigérian connaît bien les dossiers congolais. L’implication souhaitée de la CENCO et de l’ECC pourrait également renforcer la confiance entre les parties, ces deux institutions ayant déjà joué un rôle majeur dans plusieurs initiatives de médiation en RDC.

À Bujumbura, les premières prises de position montrent déjà que le chemin vers un consensus sera semé d’embûches. Les exigences formulées par la C64 traduisent l’ampleur des divergences entre le pouvoir et l’opposition, mais aussi les défis qui attendent les participants s’ils veulent parvenir à un accord capable de ramener durablement la stabilité en République démocratique du Congo.

Clementus Lusamba / Afrique-One.net