Un rapport du baromètre sécuritaire du Kivu fait état de 114 tueries attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) au cours du mois de juillet 2026, malgré une baisse globale du nombre d’affrontements dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’Ituri figure parmi les provinces les plus durement touchées par cette recrudescence des violences visant les populations civiles.
Selon ce rapport consulté samedi 22 août par lepotentiel.cd, 247 incidents sécuritaires ont été recensés en juillet dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ce chiffre représente une diminution de 30 % par rapport à la moyenne mensuelle enregistrée depuis octobre 2025. Toutefois, cette baisse ne traduit pas une amélioration générale de la situation sécuritaire, puisque le nombre d’enlèvements a, lui, augmenté de 41 %, illustrant un déplacement de la violence vers des attaques visant directement les civils.
En Ituri, le territoire de Mambasa apparaît comme le principal foyer de l’activisme des ADF. À lui seul, il concentre 49 des 114 tueries recensées durant le mois de juillet. Le Baromètre sécuritaire du Kivu relève ainsi un paradoxe : alors que les affrontements impliquant les ADF ont été moins nombreux dans la province, leurs attaques meurtrières contre les populations civiles se sont intensifiées.
Plusieurs localités ont été concernées par ces violences, notamment Mangina, Sayo Bapere, Mununzei, Nyapanda et Teturi, où les ADF ont été signalés dans des attaques ayant fait plus d’une centaine de victimes. Le rapport estime par ailleurs que l’hypothèse d’une violence essentiellement menée en représailles aux opérations militaires devient de moins en moins convaincante. Les récentes attaques montrent, selon cette analyse, que les ADF peuvent également intensifier leurs massacres lorsque la pression militaire exercée contre eux diminue.
Cette situation intervient alors que Kinshasa continue d’alerter la communauté internationale sur la menace que représentent les ADF dans l’est du pays. Lors d’une récente réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée aux menaces terroristes, les autorités congolaises ont dénoncé la persistance des attaques contre les civils et mis en avant les liens entre terrorisme, criminalité transnationale organisée et exploitation illégale des ressources naturelles.
Le rapport signale enfin une extension de l’activisme des ADF vers le Haut-Uélé, notamment dans les territoires de Watsa et de Wamba. Cette progression géographique nourrit les inquiétudes sur l’élargissement de la zone d’opération du groupe armé et sur les risques qu’elle fait peser sur les populations de nouvelles régions du nord-est de la RDC.
Joël Tshimuanga / Afrique-One.net