Il s’est ouvert, mardi 8 septembre 2026 à Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo, un atelier de renforcement des capacités consacré à l’accompagnement juridique et judiciaire des victimes.

Alors que certaines réactions ont fait état de l’absence des victimes à cette activité, l’Écosystème des organisations d’accompagnement des victimes du Kasaï, par l’entremise de son point focal, Papy Mbaya, apporte des précisions sur la nature et les objectifs de cette formation.

Selon lui, cet atelier réunit principalement les associations des victimes, les organisations d’accompagnement, les acteurs de la société civile ainsi que différents intervenants de la chaîne pénale appelés à jouer un rôle dans l’orientation, l’accompagnement et la prise en charge des victimes.
« Nous appelons toutes les victimes à ne pas se laisser distraire et à faire confiance au processus du FONAREV qui avance étape par étape, avec professionnalisme. Cette formation ne concerne aucunement les victimes. Elle concerne exclusivement les organisations d’encadrement et les acteurs de la chaîne pénale », a-t-il précisé.
Papy Mbaya insiste sur la nécessité de renforcer les capacités de ceux qui accompagnent les victimes dans leurs démarches judiciaires.
« Comment voulons-nous que la victime dénonce ? Comment voulons-nous qu’elle soit bien accompagnée devant le Parquet, devant l’Auditorat militaire ou devant le Tribunal, si nous-mêmes, acteurs d’encadrement, avocats et OPJ, nous ne sommes pas formés ? », s’interroge-t-il.
Il souligne également l’importance de cette formation pour les acteurs qui interviennent directement auprès des victimes sur le terrain.
« Comment un parajuriste de Kamonia saura-t-il documenter un cas de violence sexuelle sans retraumatiser la victime s’il n’est pas formé ? Comment un avocat saura-t-il appliquer l’approche centrée sur la victime s’il n’est pas outillé par le FONAREV ? », poursuit-il.
Pour l’Écosystème des organisations d’accompagnement des victimes du Kasaï, le renforcement des capacités des acteurs constitue ainsi une étape essentielle dans le processus d’accès à la justice et de réparation.
« Vouloir une réparation sans former ceux qui doivent accompagner les victimes, c’est vouloir construire une maison sans fondation. Elle s’écroulera. La réparation exige des acteurs formés. Des acteurs formés garantissent une réparation juste et durable », a conclu Papy Mbaya.
Par ailleurs, l’Écosystème du Kasaï réaffirme son soutien au processus engagé par le FONAREV et indique que cette formation sur l’accès à la justice constitue une étape importante vers une meilleure prise en charge judiciaire des victimes.

Il apporte également son soutien total et indéfectible à la Coordinatrice régionale du FONAREV pour son engagement en faveur des victimes du Kasaï et pour la mise en œuvre de cette dynamique de renforcement des capacités des acteurs impliqués dans leur accompagnement.

Clementus Lusamba