Le président de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), Modeste Bahati Lukwebo, accuse le conseiller privé du chef de l’État, Mandungu Bula, de chercher à lui retirer le contrôle de sa formation politique. Le sénateur a formulé ces accusations dans une correspondance adressée au conseiller présidentiel, sur fond de tensions persistantes au sein de l’AFDC.

Modeste Bahati Lukwebo affirme être déterminé à défendre l’AFDC, qu’il présente comme le fruit de plusieurs années d’engagement et de sacrifices. Il dit ne pas vouloir accepter ce qu’il considère comme une tentative de récupération de son parti et assure qu’il entend défendre ses droits jusqu’au bout.

Dans son message, le président de l’AFDC demande également aux cadres qui contestent son leadership, notamment Otto Bahizi et Patrick Munyomo, de créer leur propre formation politique plutôt que de chercher, selon lui, à prendre le contrôle de l’AFDC.

Cette nouvelle passe d’armes intervient alors que le parti traverse depuis plusieurs mois une crise interne. En mars 2026, un groupe de cadres s’était réclamé du collège des fondateurs et avait annoncé la destitution de Bahati Lukwebo, désignant Otto Bahizi pour assurer une direction transitoire. La direction de l’AFDC avait rejeté cette initiative.

Le contentieux s’est également déplacé sur le terrain judiciaire. Selon des informations publiées fin août, le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe avait confirmé, le 11 juillet, Modeste Bahati Lukwebo comme président national statutaire de l’AFDC, après une contestation portée notamment par Otto Bahizi.

Patrick Munyomo a, de son côté, rejeté les accusations portées contre lui et répondu publiquement à Bahati Lukwebo. Cette succession de déclarations illustre la persistance des divergences au sein de l’AFDC et fait planer de nouvelles incertitudes sur l’unité de cette formation politique.

La crise interne à l’AFDC intervient dans un contexte politique déjà marqué par des recompositions et des rapports de force au sein de la majorité présidentielle. À ce stade, les accusations de Modeste Bahati Lukwebo contre Mandungu Bula constituent des déclarations du président de l’AFDC ; elles n’ont pas été établies de manière indépendante.

Christian Balemba / Afrique-One.net