La ville de Beni à l'Est de la République démocratique du Congo, a vécu une matinée sous haute tension jeudi 14 mai 2026. Dès les premières heures de la journée, la circulation est restée inhabituellement faible dans plusieurs coins de la ville, où seules quelques motos et de rares camions étaient visibles sur les routes.

À 8h30, plusieurs écoles demeuraient fermées, tandis que certains services publics avaient néanmoins repris timidement leurs activités. Devant de nombreux magasins encore clos, des commerçants observaient avec prudence l’évolution de la situation avant de décider d’ouvrir ou non leurs portes.

Cette ambiance tendue fait suite à un appel à manifester lancé par des groupes de pression locaux pour dénoncer l’aggravation de l’insécurité au Nord-Kivu et en Ituri. Les organisateurs avaient appelé à une paralysie des activités, menaçant de s’en prendre aux commerces qui ne respecteraient pas le mouvement.

À la veille, la société civile ainsi que l’Association des transporteurs du Nord-Kivu s’étaient pourtant opposées à cette journée ville morte, plaidant pour la poursuite normale des activités socio-économiques. Une position qui semble avoir contribué à limiter les débordements redoutés dans la ville.

Les manifestants accusent notamment les rebelles des Allied Democratic Forces de poursuivre les massacres de civils malgré les opérations militaires en cours sous état de siège, dont l’efficacité continue d’être remise en cause par une partie de la population.

Signalons que dans la nuit de mercredi à jeudi, l’insécurité a une nouvelle fois frappé dans l’Est de la République démocratique du Congo. Des combattants assimilés aux ADF ont attaqué l’agglomération de Biakato, dans le territoire de Mambasa, faisant au moins trois morts, cinq blessés et plusieurs maisons incendiées, selon des sources locales.

Face à cette situation, la mairie de Beni a appelé les habitants à vaquer librement à leurs occupations habituelles, tout en invitant la population au calme. Malgré cet appel des autorités, la peur et l’incertitude restent perceptibles dans plusieurs quartiers de la ville.

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Marie Noël Kabuya / Afrique-One.net