Le ministre congolais des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a défendu jeudi 14 mai devant le Sénat la gestion des rétrocessions dues aux provinces, tout en répondant aux critiques liées à l’application des 40 % des recettes nationales retenues à la source par le pouvoir central.

Intervenant lors d’une séance plénière au Palais du Peuple, le patron des Finances répondait à une question orale avec débat initiée par le sénateur du Nord-Kivu Vunabandi Kanyamihigo Célestin. Les échanges ont principalement porté sur les arriérés des rétrocessions, les frais de fonctionnement des assemblées provinciales ainsi que les émoluments des députés provinciaux.

Face aux critiques, Doudou Fwamba a affirmé que le Gouvernement investi en juin 2024 avait hérité d’importants arriérés laissés par les précédentes équipes. Il a indiqué que plusieurs mois de rétrocessions ont déjà été payés, notamment ceux couvrant la période de juin à décembre 2024 ainsi qu’une grande partie de l’exercice 2025.

Selon le ministre, seuls trois mois de rétrocessions resteraient encore impayés pour l’année 2025. Concernant les assemblées provinciales, il a reconnu des retards persistants, expliquant que l’Exécutif avait dû apurer, dès son arrivée, deux mois d’arriérés hérités de la législature 2018-2023.

Le ministre des Finances a également évoqué l’impact de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo sur les finances publiques. D’après lui, entre 30 et 35 % des recettes nationales sont actuellement consacrées aux dépenses sécuritaires et aux opérations militaires dans le contexte de guerre d’agression.

Malgré ces contraintes budgétaires, le Gouvernement assure poursuivre les paiements réguliers des rétrocessions. Doudou Fwamba a notamment annoncé que les rétrocessions des mois de janvier et février ont déjà été versées, tandis que celles de mars et avril devraient être payées simultanément.

S’agissant de la polémique sur les 40 % des recettes nationales retenues à la source au profit des provinces, le ministre a soutenu que la loi relative aux finances publiques fixe les modalités pratiques d’application de cette disposition constitutionnelle, notamment en tenant compte des charges encore supportées par le pouvoir central pour le compte des provinces.

Le Gouvernement a enfin réaffirmé son engagement à améliorer progressivement la gouvernance financière des provinces malgré les défis sécuritaires et économiques auxquels le pays reste confronté.

Arcel Lumbala / Afrique-One.net