L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, est sorti de son silence jeudi 11 juin 2026 pour réagir au débat national autour du projet de révision de la Constitution. Dans un message adressé à la Nation, le président honoraire a exprimé sa ferme opposition à cette initiative, estimant que l’adoption de la loi référendaire par l’Assemblée nationale traduit une volonté manifeste du pouvoir en place de modifier la loi fondamentale du pays.

Selon Joseph Kabila, cette démarche constitue un danger pour la démocratie congolaise ainsi que pour le principe de l’alternance politique. Il affirme que toute modification de la Constitution dans le contexte actuel risque de fragiliser les acquis démocratiques obtenus au prix de nombreux sacrifices. L’ancien chef de l’État estime que la priorité devrait plutôt être accordée au renforcement des institutions républicaines ainsi qu’à la résolution des défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels le pays fait face.

Dans sa déclaration, Joseph Kabila a lancé un appel à la population congolaise, aux acteurs politiques, aux organisations de la société civile ainsi qu’aux différentes forces vives de la Nation afin de défendre la Constitution actuelle. Il a exhorté les citoyens à rester vigilants face à toute réforme qu’il considère contraire aux intérêts supérieurs du pays. Pour lui, la préservation de l’ordre constitutionnel demeure une condition essentielle pour garantir la stabilité et la cohésion nationale.

Cette sortie médiatique intervient dans un climat politique marqué par des débats de plus en plus intenses autour de la réforme constitutionnelle. Tandis que les partisans du changement estiment que certaines dispositions de la Constitution doivent être adaptées aux réalités actuelles de la RDC, plusieurs figures de l’opposition considèrent qu’une telle initiative pourrait accentuer les tensions politiques à l’approche des prochaines échéances électorales.

La prise de parole de Joseph Kabila relance davantage le débat sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo. En tant qu’ancien chef de l’État ayant dirigé le pays pendant près de dix-huit ans, son intervention pourrait influencer une partie importante de l’opinion publique ainsi que de la classe politique. Cette déclaration confirme également son retour progressif dans le débat politique national après une longue période de discrétion.

De leur côté, les partisans de la réforme constitutionnelle soutiennent que toute modification éventuelle doit respecter les procédures prévues par la loi et répondre aux besoins actuels du pays. Le débat reste donc ouvert entre ceux qui défendent le maintien de la Constitution dans sa forme actuelle et ceux qui plaident pour son adaptation. Dans tous les cas, les observateurs estiment que la recherche du consensus et le respect des mécanismes démocratiques seront déterminants pour préserver la stabilité politique du pays.

Louis Bandoweshi / Afrique-One.net