La ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Central, traverse depuis près de deux semaines une grave crise d’approvisionnement en eau potable consécutive à l’interruption prolongée de la desserte assurée par la REGIDESO. Une situation qui suscite de vives inquiétudes au sein de la population locale, confrontée à d’importantes difficultés d’accès à cette ressource essentielle.

Privés d’eau courante dans leurs robinets, de nombreux habitants se tournent désormais vers des forages installés dans certains quartiers de la ville. Pour s’approvisionner, plusieurs familles, en particulier les femmes, parcourent quotidiennement de longues distances pouvant atteindre plusieurs heures de marche, dans l’espoir d’obtenir quelques litres d’eau potable.

Selon des témoignages recueillis sur place par le reporteur de Afrique-One.net, un bidon de 20 litres d’eau se négocie actuellement entre 300 et 400 francs congolais, une dépense supplémentaire qui pèse lourdement sur des ménages déjà confrontés à des conditions économiques précaires.

Cette situation continue d’alimenter les critiques contre les autorités provinciales. Un acteur politique local ayant requis l’anonymat accuse le gouvernement provincial dirigé par Moïse Kambulu de manquer de réactivité face à cette crise qui, selon lui, expose davantage la population à des maladies liées au manque d’hygiène et à l’insuffisance d’eau potable.

« Au 21ᵉ siècle, comment peut-on accepter que des familles parcourent près de quatre heures pour obtenir 20 litres d’eau ? Cette situation démontre l’incapacité du gouvernement provincial à apporter une réponse rapide à une urgence qui menace la santé publique », dénonce cet acteur politique.

Face à la persistance de cette crise, plusieurs voix s’élèvent désormais pour appeler le gouvernement central basé à Kinshasa à intervenir en urgence afin de rétablir l’approvisionnement en eau potable et éviter une détérioration davantage des conditions sanitaires dans la ville de Kananga.

Pascal Tshibuabua / Afrique-One.net