La situation sécuritaire se détériore à nouveau dans les quartiers de Panzi et la commune de Kadutu, situés dans la ville de Bukavu, à l'Est de la République démocratique du Congo. 

Depuis plusieurs semaines, des cas d’assassinats ciblés, de cambriolages répétés et des incursions nocturnes d’hommes armés y sont signalés, faisant craindre un retour progressif d’un climat d’insécurité devenu récurrent dans cette partie de l’Est de la République démocratique du Congo.

Face à cette recrudescence, plusieurs acteurs communautaires appellent à une mobilisation générale des habitants, estimant que la lutte contre l’insécurité ne peut reposer uniquement sur l’intervention des services de sécurité.

Au cœur des préoccupations figure notamment la jeunesse locale, considérée comme un maillon essentiel dans la prévention et la protection communautaire. Plusieurs observateurs estiment qu’une jeunesse mieux organisée, impliquée dans des structures citoyennes et engagée dans la vigilance communautaire pourrait constituer un rempart efficace contre la montée du banditisme urbain.

Dans ces deux entités, des milliers de jeunes évoluent dans différents secteurs, notamment les études, l’entrepreneuriat et les activités associatives. Cependant, face à la dégradation actuelle de la situation sécuritaire, certains acteurs locaux s’interrogent sur le faible niveau d’implication collective observé jusque-là.

Par ailleurs, les forces vives locales, notamment la société civile, les chefs d’avenues, les responsables religieux, les associations communautaires et les leaders locaux, sont également appelés à renforcer les mécanismes de sensibilisation, d’alerte précoce et de cohésion sociale afin de prévenir l’expansion de la criminalité dans plusieurs quartiers de Bukavu.

Si la vigilance citoyenne demeure importante, plusieurs voix rappellent néanmoins que la sécurisation des personnes et de leurs biens reste avant tout une responsabilité de l’État. Les autorités compétentes sont ainsi invitées à renforcer les patrouilles, améliorer le dispositif de renseignement et poursuivre les auteurs des actes criminels qui entretiennent actuellement un climat de peur dans plusieurs zones de la ville.

Pour de nombreux observateurs, le retour des assassinats, des cambriolages et des incursions armées à Panzi et Kadutu constitue un signal d’alarme qui impose une réponse collective urgente, afin d’éviter une aggravation durable de l’insécurité dans la ville de Bukavu.

Christian Balemba / Afrique-One.net