Le Conseil urbain de la jeunesse de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, à l'Est de la République démocratique du Congo, a adressé une lettre ouverte aux autorités congolaises, aux groupes armés ainsi qu’à plusieurs organisations internationales, exprimant sa vive inquiétude face à la détérioration des conditions de vie des populations civiles dans la ville et ses environs.
Dans ce document consulté par la rédaction de l'Afrique-One.net mercredi 3 juin, cette structure se présente comme apolitique et affirme agir dans une démarche citoyenne visant à relayer les difficultés d’une population confrontée, selon elle, à une crise multidimensionnelle persistante.
Ce conseil urbain décrit une situation économique difficile, marquée notamment par des perturbations prolongées dans l’accès aux services bancaires et financiers depuis plus d’une année. Une situation qui, selon lui, affecte les commerçants, fonctionnaires, entrepreneurs et jeunes travailleurs.
Il évoque également des difficultés d’approvisionnement des marchés locaux, liées à l’accès limité à certains axes routiers reliant Bukavu aux zones rurales agricoles. Cette situation contribue, selon elle, à la hausse du coût de la vie et à une fragilisation de la sécurité alimentaire.
La lettre ouverte souligne aussi les conséquences des restrictions de circulation et des mesures de contrôle aux frontières avec le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda. Le Conseil estime que ces restrictions accentuent l’isolement économique de Bukavu et perturbent les échanges transfrontaliers.
Au-delà de l’économie, l’organisation fait état d’un affaiblissement du tissu social, marqué par des tensions, la séparation de certaines familles et une montée de la méfiance dans les interactions sociales. Elle évoque également un climat d’incertitude, particulièrement chez les jeunes, confrontés à des perspectives économiques limitées.
Dans sa lettre, le Conseil urbain de la jeunesse de Bukavu appelle le gouvernement de la République démocratique du Congo ainsi que la coordination de l’AFC/M23 à placer les préoccupations des populations civiles au centre des décisions.
Il formule plusieurs recommandations, notamment la reprise progressive des activités bancaires et financières, la facilitation de la circulation des personnes et des biens, la protection des libertés fondamentales, le renforcement des services sociaux de base et l’accélération des initiatives de dialogue en vue d’un accord de paix durable.
« Les populations civiles ne doivent jamais devenir les victimes collatérales des conflits », souligne la lettre, qui insiste sur la nécessité de protéger les droits fondamentaux et la dignité des habitants.
Le Conseil conclut en réaffirmant que son initiative vise à défendre les intérêts de la population et à attirer l’attention sur une situation jugée préoccupante et évolutive.
Christian Balemba à Bukavu