Au cœur du centre commercial de Kasihe, dans le village de Buhozi, groupement de Mudusa, territoire de Kabare (Sud-Kivu), l'absence d'infrastructures sanitaires de base continue de susciter l'inquiétude des commerçants, des consommateurs et des riverains. Dépourvu de latrines publiques et de dispositifs de collecte des déchets, ce marché expose quotidiennement des centaines d'usagers à des conditions d'hygiène préoccupantes, alors même que des taxes y sont régulièrement perçues.
À en croire les vendeurs interrogés, Chaque jour, vendeurs, acheteurs, transporteurs et autres usagers fréquentent ce marché, considéré comme l'un des principaux lieux d'échanges commerciaux de la région. Pourtant, aucun espace aménagé ne permet aux commerçants ou aux visiteurs de satisfaire leurs besoins physiologiques dans des conditions décentes. Cette situation contraint certains usagers à recourir à des solutions de fortune, avec des conséquences directes sur l'hygiène publique et l'environnement.
À cette carence s'ajoute l'absence de poubelles ou d'un système organisé de gestion des déchets. Les détritus issus des activités commerciales s'accumulent à plusieurs endroits du marché ou sont abandonnés dans les environs, favorisant la prolifération des insectes, des rongeurs et d'autres vecteurs de maladies. Pendant la saison des pluies, ces déchets sont souvent entraînés par les eaux de ruissellement, accentuant les risques de pollution et d'insalubrité.
Plusieurs commerçants interrogés estiment que cette situation contraste avec les prélèvements fiscaux effectués sur les activités du marché. Selon eux, différentes taxes et redevances sont régulièrement perçues auprès des vendeurs, tandis que des structures administratives assurent la gestion du site. Ils s'interrogent sur l'affectation de ces recettes et plaident pour qu'une partie des fonds soit consacrée à l'amélioration des infrastructures essentielles.
Au-delà du confort des usagers, les spécialistes de la santé publique ( pharmaciens à kasihe) rappellent que les marchés constituent des espaces sensibles où les normes d'assainissement jouent un rôle déterminant dans la prévention des maladies diarrhéiques, du choléra, de la typhoïde et d'autres infections liées à un environnement insalubre. L'absence d'installations sanitaires adaptées représente ainsi un enjeu majeur de santé publique.
Les habitants vivant à proximité du marché disent également subir les conséquences de cette insalubrité. Les mauvaises odeurs, la dispersion des déchets et les risques de contamination affectent leur cadre de vie et alimentent un sentiment d'abandon.
Face à cette réalité, plusieurs acteurs locaux appellent les autorités compétentes et les gestionnaires du marché à engager des mesures urgentes. Parmi les priorités évoquées figurent la construction de latrines publiques, l'installation de poubelles, la mise en place d'un système régulier de collecte des déchets ainsi que la publication d'informations sur l'utilisation des recettes perçues afin de renforcer la transparence de la gestion.
Pour de nombreux observateurs, le développement d'un marché ne se mesure pas uniquement à l'importance de ses activités commerciales ou au volume des taxes collectées. Il repose également sur la capacité des gestionnaires à garantir un environnement propre, sûr et respectueux de la dignité des usagers.
En l'absence d'actions concrètes, le marché de Kasihe risque de demeurer un foyer permanent d'insalubrité, avec des conséquences potentielles sur la santé des populations et sur l'image d'un centre commercial pourtant essentiel à l'économie locale.
Christian Balemba / Afrique-One.net