À Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental, au centre-sud de la République démocratique du Congo, le ciment devient un produit de luxe. En quelques semaines à peine, le prix du sac est passé de 25 à 40 dollars américains, une hausse brutale qui met à mal les ménages et ralentit sérieusement les activités de construction.

À l’origine de cette flambée : une pénurie sur le marché local. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, celle-ci n’est pas liée à une baisse de production, mais à son inexistence. La société CEMENT KASAÏ SAS, qui installe actuellement une cimenterie dans le territoire de Katanda, n’a toujours pas lancé ses opérations.

Pourtant, l’annonce d’un début de production au mois de février avait suscité beaucoup d’espoir. Anticipant une baisse des prix, plusieurs commerçants avaient écoulé leurs stocks. Mais le retard dans la mise en service de l’usine a provoqué l’effet inverse, une rareté du ciment sur le marché et une flambée des prix.

Face à cette situation, les responsables de CEMENT KASAÏ SAS ont été reçus lundi au gouvernorat de province. Devant l'Autorité provinciale, Ils ont pointé du doigt les difficultés logistiques qui entravent l’avancement des travaux, notamment l’état de dégradation avancée de la route reliant Lubumbashi à Mbuji-Mayi.

‘‘La route est impraticable. Nos camions ont dû faire demi-tour à partir de Nguba pour retourner vers Likasi à cause des pluies », a expliqué Bruno Tshitenga, Directeur administratif de la société, à Afrique-One.net

Avec l’arrivée de la saison sèche, l’entreprise espère relancer les travaux et accélérer la mise en service de la cimenterie. En attendant, la tension reste vive sur le marché, et les habitants de Mbuji-Mayi continuent de subir les effets d’une crise qui pourrait encore durer.

Arcel Lumbala à Mbuji-Mayi | Afrique-One.net