Une mission de terrain menée du 25 juin au 7 juillet 2026 dans plusieurs villages des territoires de Walungu et de Kabare révèle une faible maîtrise des notions de base sur la maladie à virus Ebola. Les professionnels de santé appellent à intensifier les campagnes de sensibilisation afin de prévenir tout risque sanitaire.
Une mission de terrain réalisée dans plusieurs villages des territoires de Walungu et de Kabare, au Sud-Kivu, met en évidence une faible connaissance de la maladie à virus Ebola parmi les populations. Les résultats de cette descente, effectuée du 25 juin au 7 juillet 2026, inquiètent les acteurs de santé, qui craignent que ce déficit d'information ne compromette une éventuelle riposte en cas d'apparition de la maladie.
Les investigations ont été menées dans les villages de Ciherano, Ibanda, Lulonge, Musiru, Cirhambi, Cazi, Cihonga, Ibula et Mwimbi, dans les groupements de Luciga, Irongo et Lurhala, en territoire de Walungu, ainsi qu'à Nyantende, Buhozi, Mumosho et Bugorhe, en territoire de Kabare.
Au cours des entretiens, de nombreux habitants ont déclaré ne pas connaître les modes de transmission d'Ebola, ses principaux symptômes ou les mesures à prendre face à un cas suspect. D'autres affirment n'avoir jamais bénéficié d'une campagne de sensibilisation récente, tandis que certaines idées reçues continuent de circuler au sein des communautés.
Cette situation préoccupe les professionnels de santé, d'autant que les déplacements quotidiens entre villages, marchés et structures sanitaires restent importants dans cette partie de la province. Une faible vigilance pourrait retarder l'identification d'éventuels cas et compliquer les interventions des équipes sanitaires.
Les infirmiers des centres de santé de Kakono (Miranga) et de Buhozi-Kagenge rappellent que le respect des mesures de prévention demeure essentiel. Ils recommandent notamment le lavage régulier des mains, l'évitement de tout contact avec les liquides biologiques d'une personne malade, le signalement rapide des cas suspects, la non-manipulation des dépouilles sans les équipes spécialisées ainsi que l'abstention de consommer des animaux retrouvés morts.
Ils rappellent également que la maladie peut se manifester par une forte fièvre, une fatigue intense, des douleurs musculaires, des maux de tête, des vomissements, des diarrhées et parfois des saignements. Selon eux, une prise en charge précoce augmente les chances de survie et réduit les risques de transmission.
Face à ces constats, plusieurs habitants appellent les autorités sanitaires et leurs partenaires à renforcer les campagnes de sensibilisation jusque dans les villages les plus enclavés. Ils recommandent notamment une diffusion régulière des messages de prévention en langues locales à travers les radios communautaires, les relais communautaires, les responsables religieux et les autorités locales.
Pour les spécialistes de santé publique, la sensibilisation communautaire demeure l'un des principaux outils pour prévenir une éventuelle flambée d'Ebola et renforcer la vigilance des populations face aux maladies à potentiel épidémique.
Christian Balemba / Afrique-One.net