Face à la pression de son homologue Félix Tshisekedi sur la recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa a plaidé, jeudi 02 juillet 2026 à Kinshasa, pour une gestion collective et apaisée des migrations sur le continent. Une réponse prudente, livrée en clôture d’une journée de discussions bilatérales, que d’aucuns jugent en décalage avec l’urgence sécuritaire.
« La question de migration ne peut pas être gérée par un seul pays. Nous devons travailler ensemble en tant que pays africains pour résoudre cette question », a déclaré M. Ramaphosa, filmé dans une séquence largement relayée sur les réseaux sociaux. L’échange, capté dans un format vidéo de près de trois minutes, montre un chef d’État sud-africain visiblement embarrassé, cherchant à déplacer le débat du constat des exactions vers une nécessaire coopération régionale.
Cette posture, déjà observée lors de précédentes poussées xénophobes, suscite la circonspection des observateurs. Si Pretoria promet de « travailler ensemble » avec les États frères, aucun plan opérationnel immédiat n’a été annoncé pour traduire en justice les auteurs des violences ou renforcer la protection des étrangers sur le sol sud-africain. La rencontre de Kinshasa a néanmoins permis d’afficher une solidarité de façade.
« Je remercie mon cher frère Félix Tshisekedi pour nous avoir accueillis ici à Kinshasa et pour avoir passé toute votre journée avec nous à résoudre des questions liées à la santé, à la sécurité et d’autres questions, y compris la question de l’immigration », a conclu Cyril Ramaphosa, tentant d’apaiser un partenaire dont l’irritation ne faiblit pas.
Alors que les opinions publiques africaines restent scandalisées par la répétition de ces exactions, le face-à-face de Kinshasa aura surtout mis en lumière la fragilité de l’argumentaire sud-africain, suspendu entre le vœu pieux d’une coopération continentale et l’incapacité chronique à protéger tous ceux qui vivent sur son sol.
Clementus Lusamba / afrique-One.net