Le ministère de la Santé révèle ce mercredi que le patient, de retour de RDC, a été pris en charge dans un établissement spécialisé. En RDC, les contaminations confirmées se multiplient.

Pour la première fois, un cas d’Ebola a été identifié sur le territoire français, chez un médecin de retour de la République démocratique du Congo (RDC) actuellement confrontée à une importante épidémie, ont annoncé les autorités sanitaires françaises ce mercredi.

Le ministère de la Santé « confirme ce jour l’identification d’un premier cas positif de maladie à virus Ebola sur le territoire national », dit-il dans un communiqué. Le ministère a précisé que le cas avait été identifié en métropole.

« Le patient, de retour d’une des zones de circulation du virus en RDC, a immédiatement été pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable », a ajouté la même source. « Toutes les mesures de précaution, et notamment l’isolement du patient, ont été prises dès son arrivée sur le territoire national, avec un transfert à l’hôpital dans des conditions sécurisées afin d’éviter tout risque de contamination », a encore assuré le ministère.

Les éventuels cas contacts seront enjoints à un « isolement à domicile de 21 jours et bénéficieront d’une surveillance attentive durant cette période », selon la même source. La situation est suivie « de très près » par le Premier ministre, selon son entourage.

C’est la première fois qu’un cas de cette fièvre hémorragique est diagnostiqué en France. En 2014, lors d’une importante épidémie en Afrique de l’Ouest, deux patients avaient été accueillis sur le territoire français, mais après avoir été diagnostiqués à l’étranger. Quelques cas avaient, en revanche, été détectés à l’époque sur les sols américain ou britannique.

Le cas français est le premier identifié hors du continent africain pour cette épidémie qui frappe aussi l’Ouganda, et met en jeu une souche rare du virus, dite Bundibugyo, contre lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique.

Plus d’un millier de cas d’infection par le virus Ebola ont désormais été confirmés en RDC, indique l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans son dernier bilan épidémiologique datant du 21 juin : 1 048 cas ont été confirmés, 202 suspectés. Ebola a causé la mort de 267 personnes.

1 048 cas confirmés en RDC au 21 juin

Les cas confirmés ont plus que doublé en 24 heures et les décès plus que triplé ; 471 cas et 84 décès, disait le bulletin du 20 juin. Cette nouvelle augmentation intervient alors que se multiplient les avertissements selon lesquels l’épidémie actuelle, que l’OMS a qualifiée d’urgence de santé publique de portée internationale, pourrait rivaliser avec l’épidémie record de 2014-2016 qui avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest.

En l’absence de mesures fortes de santé publique, « ce niveau est possible », a déclaré Jason Asher, du département de prévision et d’analyse des épidémies des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC, principale agence sanitaire américaine).

Ebola, qui se transmet par contact rapproché et par les fluides corporels, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.

L’épidémie actuelle a été déclarée le 15 mai dans le nord-est de la RDC, mais on pense que le virus se propageait déjà discrètement depuis un certain temps.

Clementus Lusamba / Afrique-One.net