À l'occasion de la commémoration du Genocost, la Société civile du Sud-Kivu a lancé un vibrant plaidoyer en faveur de la reconnaissance des souffrances endurées par les populations congolaises depuis plus de trois décennies de conflits armés. Dans une déclaration rendue publique ce dimanche 2 juillet à Bukavu, elle met l'accent sur les motivations économiques qui, selon elle, alimentent les violences dans l'est de la République démocratique du Congo, tout en réclamant vérité, justice, réparations et une gouvernance souveraine des ressources naturelles.
Selon cette organisation citoyenne, les massacres, les déplacements forcés et les pillages qui ont marqué l'histoire récente de la RDC ne peuvent être analysés sans tenir compte de l'exploitation illicite des ressources minières. Elle estime que derrière chaque victime se cachent également des enjeux liés au contrôle des minerais stratégiques, des terres et des circuits commerciaux.
« Nos vies comptent plus que les minerais », affirme la Société civile dans son message, appelant à mettre définitivement fin au cycle de violences alimenté, selon elle, par la convoitise des richesses naturelles du pays.
Dans son mémorandum, la coordination provinciale formule trois principales revendications. Elle demande d'abord que les ressources naturelles profitent prioritairement aux Congolais et que le développement économique cesse d'être bâti sur les conséquences des conflits armés.
L'organisation insiste ensuite sur la nécessité d'une véritable politique de justice et de réparation. Elle plaide pour l'indemnisation des familles des victimes, la reconstruction des villages détruits, la prise en charge des survivants ainsi que la scolarisation des enfants devenus orphelins. Tout en saluant l'existence du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV), elle estime que cet établissement fait encore face à d'importants défis au regard de l'ampleur des crimes commis.
La Société civile appelle également l'État congolais et la communauté internationale, notamment les États-Unis et la Chine, à renforcer la traçabilité des minerais, à sanctionner les réseaux impliqués dans leur exploitation illicite et à promouvoir une industrialisation locale susceptible de créer des emplois et de réduire la dépendance à l'exportation des matières premières brutes.
Au-delà de ces revendications, les organisations de la Société civile du Sud-Kivu réaffirment leur engagement à poursuivre les actions de sensibilisation contre la prédation économique, à accompagner les communautés affectées par les conflits et à préserver la mémoire des victimes.
« Aux victimes, vous n'êtes pas oubliées. Aux survivants, votre douleur est notre combat. Aux jeunes, construisez une RDC où la richesse ne coûtera plus de vies », conclut le document.
Dans sa déclaration, la présidente du Bureau de coordination provinciale de la Société civile du Sud-Kivu, Me Néné Bintu Iragi, appelle enfin les autorités congolaises à garantir une gestion souveraine des ressources naturelles, à protéger les défenseurs des droits humains qui dénoncent le pillage des minerais et à promouvoir une paix durable fondée sur la justice plutôt que sur l'impunité.
En suite, la Société civile du Sud-Kivu réaffirme que la stabilité de la République démocratique du Congo demeure indissociable de la lutte contre l'exploitation illicite des ressources naturelles, de la reconnaissance des victimes et de la mise en œuvre de mécanismes crédibles de justice, de réparation et de développement inclusif.
Christian Balemba / Afrique-One.net