Trente ans après le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda, le Président de l'Assemblée nationale, Aimé Boji relance le débat sur la justice internationale pour les crimes commis dans l'Est de la République démocratique du Congo.

Dans une déclaration publiée ce mardi 4 août, cet ancien ministre congolais, plaide pour la création d'un tribunal pénal international indispensable afin de poursuivre les auteurs des violations les plus graves et de rompre avec un cycle d'impunité qui, selon lui, perdure depuis plusieurs décennies.

‘‘ les provinces orientales de la RDC demeurent le théâtre d'une tragédie humaine dont les répercussions continuent de marquer profondément les populations. Les conflits armés successifs ont laissé derrière eux un lourd héritage de souffrances, caractérisé par des massacres de civils, des violences sexuelles, des déplacements massifs de populations et l'exploitation illégale des ressources naturelles ’’, a-t-il souligné. 

Outre de ça, Il considère que l'absence de poursuites judiciaires efficaces a contribué à entretenir la répétition des violences. À ses yeux, une juridiction internationale dotée d'un mandat clair permettrait d'établir les responsabilités pénales individuelles, de traduire en justice les présumés auteurs des crimes les plus graves et d'offrir aux victimes une reconnaissance judiciaire attendue depuis de nombreuses années.

‘‘ Plusieurs générations de Congolais ont grandi dans un environnement marqué par l'insécurité, les déplacements forcés et la précarité, sans que les principaux responsables des atrocités ne répondent véritablement de leurs actes. Cette situation nourrit un sentiment d'abandon chez les populations affectées et fragilise durablement les perspectives de stabilité dans la région ’’  a-t-il ajouté. 

Par ailleurs, ce président de l'Assemblée nationale de la RDC, affirme qu'un tribunal pénal international pourra contribuer à restaurer la confiance des victimes dans la justice, tout en renforçant la lutte contre l'impunité. Il considère qu'un tel mécanisme offrirait également un cadre propice à l'établissement de la vérité, à la reconnaissance des préjudices subis et, à terme, à la consolidation d'une paix fondée sur le droit.

Christian Balemba / Afrique-One.net