Le groupe parlementaire « Ensemble pour la République » a boycotté, ce mercredi, la plénière de l’Assemblée nationale consacrée à l’examen de la proposition de loi sur l’organisation du référendum en République démocratique du Congo.

Cette proposition, portée par le député Paul Gaspard Ngondankoy, avait été déclarée recevable le 30 avril dernier avant d’être transmise à la commission Politique, juridique et administrative pour approfondissement.

Dans une déclaration politique faite avant l’ouverture de la séance, les élus d’« Ensemble pour la République », principal groupe de l’opposition à la chambre basse, ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « forcing politique » autour du débat sur la réforme constitutionnelle, estimant que cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire fragile dans l’Est du pays.

Les députés de cette formation politique, liée à l’opposant Moïse Katumbi, ont notamment évoqué la persistance de l’insécurité dans des zones touchées par la rébellion de l’AFC/M23, ainsi que le maintien de l’état de siège dans certaines provinces.

Ils estiment que cette démarche pourrait ouvrir la voie à des modifications constitutionnelles susceptibles d’affecter la durée et la limitation des mandats, et appellent le président de la République, Félix Tshisekedi, en sa qualité de garant de la Constitution, à mettre fin à ces initiatives qu’ils jugent dangereuses pour l’unité nationale. 

Dans leur position, les élus d’opposition dénoncent également ce qu’ils considèrent comme un complot contre la Constitution et alertent sur un risque de balkanisation du pays, appelant la population à s’opposer à ce qu’ils qualifient de projet macabre. 

De son côté, la majorité présidentielle défend cette proposition de loi comme un instrument visant à encadrer juridiquement le recours au référendum et à moderniser les mécanismes de démocratie directe en RDC, dans un contexte de débats politiques de plus en plus tendus autour des réformes institutionnelles.

Marie Noël Kabuya / Afrique-One.net