Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi a fixé, jeudi, les contours de sa vision du dialogue national, en excluant toute participation politique des mouvements armés qui combattent les institutions, occupent des territoires ou agissent, selon lui, au service d’une puissance étrangère.

Dans son adresse à la nation, le chef de l’État a défendu le principe selon lequel la légitimité politique ne peut découler de la force militaire. « Nul ne peut prétendre s'asseoir à la table de la nation tout en prenant les armes contre elle », a déclaré Félix Tshisekedi, avant d’ajouter qu’« aucune arme ne conférera à son porteur un droit supérieur à celui que le suffrage reconnaît aux citoyens ».

Le président congolais a également rejeté toute possibilité de transformer une conquête militaire en légitimité politique. « Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique », a-t-il martelé, dans un contexte national marqué par la persistance des violences armées et l’occupation de certaines zones du territoire par des groupes rebelles.

Félix Tshisekedi a ainsi précisé les catégories d’acteurs qui, selon lui, ne pourront pas prendre part au dialogue en qualité de composantes politiques. Il a notamment cité ceux qui, au moment de l’ouverture du processus, « combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent par la force une partie du territoire national, administrent illégalement des entités de la République ou agissent au service d’une puissance étrangère, en l’occurrence le Rwanda ».

Cette position constitue une ligne rouge posée par le chef de l’État alors que les appels à un dialogue national se multiplient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu. Pour Félix Tshisekedi, l’inclusivité du processus ne saurait, en revanche, servir de fondement à une reconnaissance politique de groupes ayant recours aux armes.

« Aucun mouvement armé ne pourra invoquer l'inclusivité pour imposer par la force ce qu'il n'a pas obtenu par les lois démocratiques », a-t-il insisté. Le président estime ainsi que toute participation au processus politique doit s’inscrire dans le respect de l’ordre constitutionnel et des mécanismes démocratiques.

De ce fait, Félix Tshisekedi distingue ainsi, le dialogue politique de toute négociation susceptible de consacrer les acquis obtenus par les armes. Son discours est une réponse aux conditions de participation au futur dialogue apparaît comme l’un des principaux enjeux du processus politique annoncé au niveau national.

Joel Tshimuanga / Afrique-One.net