L’opposition congolaise semble avoir manqué son premier test de mobilisation destiné à évaluer son influence auprès de la population à travers l’appel à une journée « ville morte » organisée ce mercredi 3 juin.

Dans plusieurs communes de Kinshasa, les activités se sont déroulées normalement. La circulation est restée dense et de nombreux marchés ont ouvert leurs portes. C’est notamment le cas du marché de Makala, au rond-point Ngaba, ainsi que de plusieurs marchés de la partie Est de la capitale, notamment à Kingasani, où les commerçants ont exercé leurs activités comme à l’accoutumée.

D’importants embouteillages ont également été observés dans plusieurs points stratégiques de la ville, notamment aux abords de l’UPN et sur plusieurs grandes artères de la capitale, témoignant ainsi d’un fonctionnement habituel de la ville.

Comparée aux précédentes opérations  ville morte lancées autrefois par l’UDPS lorsqu’elle évoluait dans l’opposition, et qui avaient fortement paralysé les activités dans plusieurs villes du pays, la mobilisation de ce mercredi apparaît nettement plus faible.

Selon de nombreux observateurs, cet appel porté par l’opposition actuelle, notamment par Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sessanga et leurs alliés, n’a pas suscité l’adhésion attendue au sein de la population kinoise.

Par ailleurs, certains analystes relèvent que plusieurs figures de l’opposition ainsi que leurs communicateurs ont commencé à évaluer l’impact de cette journée dès les premières heures de la matinée, entre 6h et 7h. Pourtant, à Kinshasa, une grande partie de la population débute généralement ses activités entre 8h et 9h, voire plus tard selon les secteurs.

Pour ces observateurs, une évaluation effectuée aussi tôt ne permettait pas de mesurer avec précision le niveau réel de participation à ce mouvement. Ils rappellent qu’à l’époque où l’ancienne opposition appelait à des journées  ville morte, les effets étaient visibles tout au long de la journée, avec une paralysie marquée des activités dans plusieurs quartiers de Kinshasa et dans d’autres villes du pays.mmm

Louis Bandoweshi / Afrique-One.net