La population de Mweka et de plusieurs zones de santé environnantes reste confrontée à une situation humanitaire préoccupante, dûe à la crise liée à l'épidémie de la maladie à virus Ebola. C’est ce que révèle le rapport d’une mission d’évaluation multisectorielle NEXUS menée dans les zones de santé de Mweka, Bulape, Kakenge, Mushenge et Bena-Leka, dans les provinces du Kasaï et du Kasaï-Central.

Les résultats de cette évaluation ont été présentés jeudi 23 juillet 2026 lors d’une conférence de presse organisée à Tshikapa par le représentant du Bureau du Coordonnateur résident des Nations Unies, Marcel Banza, à l’issue de la mission post-Ebola.


Selon ce rapport, 60 % des ménages ont des difficultés à consommer au moins un repas par jour, alors qu’une perte importante des actifs productifs a également été constatée. La situation est particulièrement préoccupante dans le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement (WASH), où 95 % des ménages ont un accès limité à l’eau potable et 90 % pratiquent la défécation à l’air libre.

Dans le domaine de la santé, l’accès aux soins demeure fortement limité. Les populations parcourent en moyenne 7 à 10 kilomètres pour atteindre une structure sanitaire. Le rapport relève également un déficit en personnel qualifié et un système de référence jugé défaillant.

La situation nutritionnelle reste également préoccupante, notamment chez les enfants âgés de 0 à 59 mois. Dans le secteur de l’éducation, 83 % des écoles sont dans un état précaire, faisant craindre une hausse des abandons scolaires et des risques de protection pour les enfants.

Le secteur de la protection est, lui aussi, fortement affecté. 1 213 cas de violences basées sur le genre (VBG) ont été documentés en quatre mois, alors que les mécanismes de prise en charge des victimes restent quasiment inexistants, selon le rapport.

Face à cette situation, la mission NEXUS appelle à une intervention urgente des partenaires techniques et financiers afin de répondre aux besoins prioritaires des communautés affectées.

En l’absence d’une réponse adaptée, le rapport prévient que plusieurs risques pourraient s’aggraver, notamment la résurgence de la maladie à virus Ebola (MVE) et d’autres épidémies hydriques, l’aggravation de la malnutrition et de la mortalité évitable, ainsi que l’intensification des conflits communautaires.

Outre de ça, la déscolarisation, les violences basées sur le genre et la pauvreté pourraient également contribuer à une dégradation durable du capital humain et à la reproduction des vulnérabilités d’une génération à l’autre.

De ce fait, les conclusions de cette évaluation multisectorielle mettent ainsi en évidence l’urgence d’une réponse coordonnée et durable en faveur des populations de Mweka, Bulape, Kakenge, Mushenge et Bena-Leka, confrontées aux conséquences persistantes de la crise d’Ebola.

Clementus Lusamba / Afrique-One.net