Les autorités sanitaires de la Province du Nord-Kivu ont renforcé les mesures de surveillance et de prévention face à la progression de l’épidémie d’Ebola déclarée depuis le 15 mai 2026 dans la province voisine de l’Ituri. 

Selon les données communiquées lundi par les autorités sanitaires, 95 cas confirmés ont déjà été enregistrés depuis le début de l’épidémie, avec un taux de létalité considéré comme élevé. Les spécialistes attribuent cette situation notamment à une détection tardive des cas chez plusieurs victimes.

Le chef de division provinciale de la santé, le docteur Gaston Lubambo, a indiqué que trois cas confirmés ont été enregistrés jusqu’au 19 mai 2026, dont deux dans la zone de santé de Katwa et un dans la ville de Goma.

Intervenant lors d’une activité de sensibilisation, il a appelé la population à renforcer le respect des mesures barrières afin de limiter la propagation du virus. Il a également précisé qu’environ une centaine d’échantillons suspects ont été envoyés à Kinshasa pour des analyses approfondies.

« Le nombre de cas suspects est vraiment croissant. La souche Bundibugyo qui circule actuellement ne dispose ni de traitement spécifique ni de vaccin », a-t-il déclaré.

Les autorités provinciales intensifient également les actions de prévention sur le terrain. La veille, le vice-gouverneur policier du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Louis Segond Karawa, s’est rendu à Mangina, à la frontière entre les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, pour une campagne de sensibilisation.


Lors de cette descente, il a insisté sur l’interdiction de manipuler les corps des personnes décédées sans précautions sanitaires, la réduction des attroupements dans les moyens de transport ainsi que le strict respect des mesures de prévention aux postes frontaliers.

Cette mobilisation intervient alors que les autorités cherchent à éviter une propagation plus large de la maladie dans une région déjà confrontée à plusieurs défis sécuritaires et humanitaires.

Marie Noël Kabuya / Afrique-One.net