Les députés nationaux élus des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ont annoncé, samedi 13 juin, le gel de leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale. Ils dénoncent l’absence de débat consacré à la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Ces élus conditionnent leur retour à la convocation des membres du gouvernement concernés et à l’adoption de mesures jugées concrètes pour enrayer les violences qui secouent cette partie du pays.
À l’origine de cette décision collective, le député Daniel Furaha Uma, élu de Mahagi (Ituri), qui a exprimé la frustration de ses collègues après avoir quitté la plénière en signe de protestation. Il accuse l’institution parlementaire de minimiser l’ampleur de la crise sécuritaire.
Les députés évoquent notamment la persistance des violences armées attribuées aux rebelles des ADF dans le territoire de Beni, ainsi que la résurgence de la rébellion du M23 soutenue, selon eux, par le Rwanda. Ils estiment que ces conflits continuent de provoquer des massacres de civils et de graves déplacements de populations.
« Nous décidons de suspendre notre participation à toutes les activités parlementaires jusqu’à ce que la question sécuritaire soit débattue et que des résolutions fortes soient prises », a déclaré Daniel Furaha Uma, au nom de ses collègues.
Les élus dénoncent également l’inaction perçue de leurs homologues issus d’autres régions du pays face à une situation qu’ils jugent dramatique et urgente.
Dans leur déclaration, ils appellent également à l’audition des ministres en charge de l’Intérieur et de la Défense, responsables de la gestion de l’état de siège en vigueur dans le Nord-Kivu et l’Ituri depuis 2021.
Ils alertent par ailleurs sur l’extension progressive des groupes armés vers d’autres zones, notamment le Haut-Uele, ce qui, selon eux, accentue les risques humanitaires et sécuritaires.
Instauré en mai 2021, l’état de siège dans les deux provinces de l’Est du pays reste vivement critiqué par une partie de la classe politique et de la société civile, qui lui reprochent son manque de résultats face à la persistance de l’insécurité.
Christian Balemba / Afrique-One.net