À Tshikapa chef lieu de la province du Kasaï, la rentrée scolaire 2026-2027 est effective, mais plusieurs écoles publiques appuyées par le projet PAAF tournent au ralenti. Lors d'une ronde effectuée ce mardi 08 septembre 2026, plusieurs parents dénoncent l'abandon de leurs enfants, surtout les filles.

Sur le terrain, le constat est amer. Dans plusieurs écoles, les élèves, majoritairement des filles bénéficiaires du projet PAAF (Projet d'apprentissage et d' autonomisation des Filles), sont seules en classe. Interrogées, elles affirment d'être abandonnées dans leurs salles. 

‘‘ Nos professeurs disent qu'ils ne viendront pas parce que les écoles ne paient pas’’, affirment-elles. 

Contactés, certains préfets se disent ne pas avoir de problème. Selon eux, le projet PAAF a promis de payer et les enseignants doivent faire preuve de patience et regagner les classes.

Du côté des enseignants, le son de cloche est différent. Ils exigent le décaissement de la deuxième tranche, soit les 50% restants de l'année 2025-2026, ainsi que leurs primes.

 ‘‘ Nos enfants aussi doivent être scolarisés, nos familles sont en difficulté. Travailler 10 mois pour recevoir 50% ne suffit pas pour préparer l'année 2026-2027 ’’, confie un enseignant sous anonymat.

Les enseignants craignent que le prochain paiement ne soit comptabilisé pour 2026-2027 au lieu de solder l'arriéré de 2025-2026, une situation qui revient chaque année et qui fragilise le projet.

Conséquence, même les garçons sont pénalisés. Les professeurs refusant d'enseigner uniquement aux garçons dans des classes mixtes, tout le monde perd les cours.

Le projet PAAF, qui vise à maintenir les filles à l'école, est aujourd'hui au cœur des tensions entre préfets d'écoles et corps enseignant. Parents et enseignants appellent les responsables du projet à décaisser rapidement pour sauver l'année scolaire.

Benoît katakamuna / Afrique.On.net