Alors que l’opposition avait appelé à une journée de « ville morte » ce mercredi 3 juin 2026, au Kasaï-Oriental, les notables de la province ont choisi cette même journée pour afficher publiquement leur soutien au projet de révision de la Constitution du 18 février 2006, estimant qu’une réforme institutionnelle s’impose pour l’avenir du pays.

Réunis au gouvernorat de province sous la conduite de leur président, Marcel Kalala Mutombo, ils ont exprimé leur position à travers une déclaration lue par Louis d’Or Ntumba Ciapota, réaffirmant leur adhésion à l’idée d’un changement constitutionnel.

Dans leur déclaration, ces notables estiment que plus de vingt ans après son adoption, la Constitution actuelle présente plusieurs insuffisances dans le fonctionnement des institutions publiques. Ils ont notamment évoqué les difficultés liées à la mise en œuvre effective de la décentralisation, en particulier l’opérationnalisation des entités territoriales décentralisées telles que les villes, communes, secteurs et chefferies.

Ils ont également pointé du doigt la multiplication des formations politiques, qu’ils considèrent comme un facteur de fragmentation politique susceptible d’affecter la stabilité institutionnelle et l’unité nationale.

Par ailleurs, les signataires ont plaidé pour l’instauration d’un régime présidentiel renforcé, qu’ils jugent plus adapté pour améliorer l’efficacité de l’action publique, ainsi qu’un système électoral plus équilibré garantissant une meilleure représentativité des candidats.

Sur le plan territorial et institutionnel, ils estiment qu’une réforme constitutionnelle pourrait contribuer à renforcer la cohésion nationale et à répondre aux défis actuels du pays.

Toutefois, les notables du Kasaï-Oriental insistent sur la nécessité de soumettre toute réforme constitutionnelle à la consultation populaire, notamment par voie référendaire, afin d’en garantir la légitimité.

Ils ont enfin appelé les forces vives, la société civile et les acteurs politiques de tous bords à privilégier l’unité nationale et l’intérêt supérieur de la République démocratique du Congo.

Arcel Lumbala à Mbuji-Mayi