Le Tribunal de grande instance de Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo, a condamné ce vendredi deux agents de la Direction générale des recettes du Kasaï (DGRKAS) à un an de servitude pénale et à trois ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics.

Le Tribunal s'est prononcé à l'issue d'une audience publique tenue le 12 juin 2026 à Tshikapa qui a retenu l'attention de toute la communauté locale. 

Il s'agit de Christian Tshibuabua et Claude Mayaya, respectivement opérateur de saisie et de chef du bureau de l’ordonnancement à la Direction Générale des Recettes du Kasaï (DGRKAS). Ils sont accusés d’avoir participé à un système frauduleux portant sur des recettes versées par les contribuables de la province.

Les deux condamnés sont en outre privés de leurs droits civiques pendant 5 ans après l'exécution de leur peine. Ils sont également sommés de payer une amande de 15.500.000 FC pour dommage et intérêt causé à la province. 

Outre de ça, Christian Tshibuabua Kabongo qui a également écopé de 3 ans de servitude pénale est sommé de payer une amende de 300.000 FC pour suppression des données informatiques.

Réagissant au jugement, le coordonnateur de la société civile Bonne Gouvernance, Gilbert Ngoyi, a estimé que cette condamnation constitue une avancée importante dans la promotion de la redevabilité et de la transparence dans la gestion des finances publiques.

« Nous sommes dans une province où le développement tarde à se concrétiser. Lorsque certaines personnes choisissent de s’approprier les recettes de l’État au lieu de les orienter vers des actions de développement, elles doivent répondre de leurs actes. La sentence prononcée est celle qu’elles méritent », a-t-il déclaré.

Tout en saluant la décision du tribunal, la société civile estime que le dossier ne devrait pas se limiter aux deux condamnés. Selon Gilbert Ngoyi, les débats tenus au cours du procès ont fait apparaître l’existence d’un réseau plus large qui mérite également l’attention de la justice.

« D’après les éléments entendus durant le procès, il ne faudrait pas s’arrêter à ces deux personnes. Nous demandons au tribunal et aux services compétents de poursuivre les enquêtes afin que toutes les personnes impliquées soient identifiées et traduites en justice », a-t-il insisté. 

L’affaire demeure suivie de près par l’opinion publique, qui attend désormais de nouvelles investigations susceptibles de faire toute la lumière sur les responsabilités éventuelles d’autres acteurs cités au cours de la procédure judiciaire. 

Clementus Lusamba & Joël Tshimuanga / Afrique-One.net