Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat, a annoncé lundi 8 juin l’organe directeur de la juridiction basée à La Haye. Cette décision intervient à l’issue d’une enquête de dix-huit mois portant sur des allégations de harcèlement et d’inconduite sexuelle formulées par une collaboratrice.

Selon les conclusions d’une enquête menée par le Bureau des services de contrôle interne des Nations unies (OIOS), des éléments ont été recueillis concernant des contacts sexuels non consentis qui auraient eu lieu dans le bureau du procureur, à son domicile ainsi que lors de missions officielles.

En poste à la tête du parquet de la CPI depuis 2021, Karim Khan rejette catégoriquement les accusations portées contre lui. Par la voix de ses avocats, il a dénoncé une décision « illégale », « inéquitable sur le plan procédural » et « non étayée par les preuves ».

L’Assemblée des États parties, organe de gouvernance de la CPI composé de 125 États membres, devra désormais se prononcer sur son avenir lors d’une session spéciale. Une majorité des États membres sera nécessaire pour décider d’une éventuelle destitution définitive du magistrat britannique.

La suspension de Karim Khan constitue un événement sans précédent dans l’histoire récente de la Cour pénale internationale. L’institution a toutefois précisé que cette mesure conservatoire ne préjuge pas de l’issue finale de la procédure disciplinaire en cours.

Nommé en 2021, Karim Khan s’est notamment illustré à la tête de plusieurs dossiers internationaux majeurs, faisant de lui l’une des figures les plus en vue de la justice pénale internationale.

Clementus Lusamba / Afrique-One.net