Les avocats du Barreau du Kasaï-Oriental ont organisé, jeudi 11 juin 2026 à Mbujimayi, une manifestation pour dénoncer ce qu'ils qualifient de traitement barbare, inhumain et dégradant infligé à Maître Alain Mbalayi, par un colonel, officier des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) en poste dans la province.
Conduite par le bâtonnier Jean Faustin Kabeya Kalala, la marche a réuni plusieurs hommes et femmes en toge noire qui ont remis un mémorandum au gouverneur de province.
Dans ce document, les avocats expriment leur indignation face aux faits dénoncés et appellent les autorités à garantir la protection des défenseurs des droits humains.
Selon le bâtonnier, l'affaire a déjà été portée devant la justice militaire afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l'agression présumée. Il affirme également que le colonel mis en cause aurait tenu des propos à caractère tribal à l'encontre de sa victime au moment des faits, des accusations qui devront être examinées par les instances compétentes.
Dans le mémorandum lu devant les autorités provinciales, le Barreau rappelle le rôle fondamental de l'avocat dans la société.
« L'avocat est un défenseur des droits de l'homme par excellence. Il protège aussi bien les puissants que les faibles, la veuve et l'orphelin », ont souligné les signataires.
Les avocats estiment que toute atteinte à l'intégrité d'un membre de leur profession constitue une menace pour l'État de droit.
« Celui qui veut brimer un peuple s'attaque d'abord à son protecteur », peut-on lire dans le document, qui met également en garde contre les risques que de tels actes pourraient faire peser sur les libertés fondamentales.
Parmi leurs recommandations, les membres du Barreau demandent aux autorités provinciales de sensibiliser davantage les responsables des services publics et de sécurité sur le rôle de l'avocat et sur la place qu'il occupe dans la société démocratique.
À ce stade, aucune réaction du colonel n'était encore disponible. L'affaire reste suivie de près par les milieux judiciaires et les organisations de défense des droits humains de la province.
Arcel Lumbala / Afrique-One.net