L’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba a annoncé son refus de comparaître dans le cadre du procès relatif au Fonds pour la réparation et l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO). Sa position a été rendue publique ce mardi 19 mai 2026 lors d’une audience tenue à la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, où l’exploit de citation lui a été officiellement lu.
Dans une réponse écrite adressée à la Cour, l’ancien garde des Sceaux a adopté un ton particulièrement ferme, rejetant toute éventualité de comparution.
« Colonel, que ce soit la dernière fois que vous m’apportez ce genre de document ici. La prochaine fois que tu m’apporteras un document pareil, je vais faire un scandale », a-t-il déclaré.
Et d’ajouter :
« Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, je suis déjà condamné, je ne viendrai pas comparaître ».
Cette prise de position intervient alors que la juridiction attendait son témoignage dans une procédure liée à la gestion du FRIVAO, un fonds créé pour indemniser les victimes des activités illicites menées par l’Ouganda sur le territoire congolais.
Ouvert le 21 avril 2026 devant la Cour de cassation à Kinshasa, ce procès porte sur des présumés détournements de plusieurs millions de dollars destinés aux victimes de la guerre des six jours, conflit ayant opposé en 2000 à Kisangani les armées ougandaise et rwandaise.
Au centre du dossier figure Chançard Bolukola, poursuivi notamment pour des soupçons d’attribution irrégulière de marchés publics à des structures dont l’existence réelle est contestée.
Parmi les cas évoqués figure celui de la société DIVO SARL, qui aurait reçu près d’un million de dollars pour la réalisation d’un documentaire qui, selon les éléments évoqués au procès, n’aurait jamais été livré.
Le refus de Constant Mutamba de répondre à la convocation de la justice pourrait compliquer le déroulement de l’affaire, son témoignage étant considéré comme important au regard de ses anciennes responsabilités au ministère de la Justice.
Selon les règles de procédure en vigueur en RDC, un témoin régulièrement cité peut être contraint à comparaître sauf en cas de motif légal reconnu. La Cour devra désormais déterminer les mesures à prendre face à cette absence annoncée.
Notons que l’affaire FRIVAO continue de susciter une attention particulière au sein de l’opinion publique et des associations de victimes, qui attendent depuis plus de deux décennies la réparation promise après les affrontements meurtriers survenus à Kisangani.
Sylvain kalenga / Afrique-One.net