Le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, a suspendu de ses fonctions Jean-Paul Kapongo Kadiobo, directeur général du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE). La décision ressort d’un arrêté ministériel signé le 21 octobre 2026, dans un contexte marqué par des tensions autour des activités minières artisanales, notamment dans la province du Lualaba.

Dans cet arrêté, le ministre reproche au directeur général suspendu plusieurs manquements dans l’exercice de ses fonctions, notamment l’absence de mesures nécessaires pour prévenir l’exploitation artisanale illicite dans les périmètres miniers concédés, particulièrement dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga.

L’autorité ministérielle lui reproche également l’installation irrégulière de services percepteurs dans des périmètres concédés, une situation qui, selon l’arrêté, prive les titulaires de leurs droits de pleine jouissance et expose la République démocratique du Congo à d’éventuelles conséquences préjudiciables liées aux dommages subis par des tiers.

Cette suspension intervient alors que la ville de Kolwezi, dans le Lualaba, est confrontée à des manifestations de creuseurs artisanaux depuis le lundi 19 octobre 2026. De Kasulo à l’UCK, en passant par Kanina, Musonoie, Kazembe et l’axe T17, les contestations se sont étendues à plusieurs artères de la ville.

À l’origine de ce mouvement de protestation figurent les difficultés économiques rencontrées par de nombreux exploitants artisanaux, dans un contexte marqué par la fermeture de certaines entités de traitement et les restrictions affectant la commercialisation des minerais. Les manifestants estiment que les opérations de contrôle menées dans les entités de traitement et les comptoirs d’achat aggravent leurs difficultés d’accès au marché et réduisent leurs sources de revenus.

La décision ministérielle souligne ainsi la volonté de faire respecter les règles encadrant l’exploitation minière artisanale et de préserver les droits des titulaires des concessions, alors que les autorités sont confrontées au défi de concilier la régulation du secteur avec les préoccupations socio-économiques des creuseurs.

Arcel Lumbala / Afrique-One.net