L’archevêque métropolitain de l'archidiocèse de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo, exhorte les autorités congolaises et les responsables du FRN à soustraire le secteur éducatif aux rivalités politiques et militaires.
Dans une lettre ouverte publiée le 16 octobre, le prélat plaide pour le dialogue et la reprise normale des activités scolaires et universitaires, perturbées par la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Intitulé « Remets ton épée au fourreau », en référence à l’Évangile selon saint Jean (Jn 18, 11), le document revient sur les répercussions des conflits armés dans la région des Grands Lacs, où les populations subissent depuis plusieurs décennies les conséquences des violences.
Mgr Maroy s’inquiète des mesures prises par le FRN entre mai et août 2026, notamment la désignation de responsables administratifs et financiers au sein de plusieurs établissements d’enseignement supérieur à Goma et à Bukavu.
Ces initiatives ont suscité une réaction du ministère congolais de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations. Selon la lettre, les tensions qui en ont résulté ont notamment conduit à la fermeture des établissements concernés, au détriment des étudiants et de leurs familles.
Le responsable de l’Église catholique à Bukavu dénonce une situation qui fragilise davantage les perspectives éducatives d’une jeunesse déjà confrontée aux effets de la guerre. Il appelle les protagonistes à ne pas transformer les services sociaux en moyens de pression dans leurs différends.
« N’utilisez pas l’éducation et tout le social comme arme de guerre ou champ de bataille pour vos règlements de comptes », prévient-il.
Au-delà des difficultés rencontrées par les établissements universitaires, l’archevêque insiste sur la nécessité de préserver les initiatives de paix.
Christian Balemba / Afrique-One.net