La place des groupes armés dans le processus de restauration de l’autorité de l’État a occupé une partie importante des discussions mardi à Uvira, lors d’un atelier organisé par le ministère de l’Intérieur. Les représentants des Wazalendo y ont défendu la nécessité de mieux identifier les différents acteurs armés présents dans le Sud-Kivu, alors que la question des barrières routières reste au cœur des préoccupations dans plusieurs territoires de la province.

Intervenant au nom des Wazalendo mardi 22 septembre, le général William Amuri Yakutumba a rejeté l’idée selon laquelle toute personne armée dans la province serait nécessairement membre des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

« Toutes les personnes armées ne sont pas des Wazalendo », a-t-il déclaré, appelant à distinguer les membres de ce mouvement des autres groupes ou individus armés.

Selon lui, le port d’une arme ne suffit donc pas à établir l’appartenance aux VDP. Cette précision intervient dans un contexte marqué par des accusations récurrentes concernant les agissements de personnes armées sur les axes routiers du Sud-Kivu.

La question des barrières a notamment été abordée au cours des échanges. Yakutumba a affirmé que les points de perception payants avaient été supprimés sur l’axe Uvira-Baraka-Fizi, à l’exception, selon lui, de certains dispositifs maintenus pour des raisons sécuritaires et destinés au contrôle des mouvements. Sur l’axe Uvira–plaine de la Ruzizi, il a également fait état de suppressions de barrières et assuré que des démarches se poursuivaient pour faire disparaître celles considérées comme des sources de tracasseries.

Ces déclarations interviennent alors que des organisations de la société civile ont récemment dénoncé la persistance de barrières payantes sur la RN5, notamment entre Luvungi, Uvira et Misisi. Des usagers ont fait état de sommes exigées au cours de leurs déplacements et de difficultés supplémentaires pour les transporteurs et les commerçants. Ces accusations, rapportées par l’ACP, ne permettent toutefois pas d’établir que l’ensemble de ces barrières serait tenu par des Wazalendo.

Pour les représentants des VDP, la question de leur identification est donc liée à celle de la restauration de l’autorité publique. Le mouvement souhaite que ses membres ne soient pas confondus avec d’autres acteurs armés opérant dans la province.

Un autre volet des discussions a concerné le retour de l’administration dans les zones affectées par le conflit. Alexis Dunia, présenté comme coordinateur des Wazalendo, a estimé que la reprise ou la sécurisation d’un territoire ne constituait qu’une première étape. Il a plaidé pour le déploiement des services publics, notamment de l’administration, dans les zones que les Wazalendo affirment avoir reprises à l’AFC-M23 et à ses alliés.

Cette question constitue l’un des principaux objectifs de l’atelier ouvert le 21 septembre à Uvira. Selon le ministère de l’Intérieur, les travaux doivent notamment permettre de réfléchir au retour effectif de l’administration publique, à la réhabilitation des services essentiels, à la cohésion sociale et à la stabilisation des zones touchées par la crise sécuritaire.

Les forces de défense et de sécurité participent également aux discussions. Les échanges portent notamment sur la situation sécuritaire de la province, les capacités opérationnelles de la Police nationale congolaise ainsi que les moyens nécessaires au fonctionnement des services de sécurité.

L’atelier réunit plusieurs composantes de la société du Sud-Kivu, avec pour objectif de formuler des recommandations sur les conditions du rétablissement de l’autorité de l’État. Les travaux doivent se clôturer ce mercredi à Uvira, après la consolidation des propositions issues des différents groupes de travail.

Christian Balemba