L’ancienne ministre congolaise des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, prend ses distances avec l’option armée associée à l’ancien président de la République Joseph Kabila. Dans une déclaration publiée sur le réseau social X dans la nuit du 12 au 13 octobre 2026, elle a réaffirmé son attachement à une lutte politique non violente, tout en annonçant son intention de rester dans les rangs de l’opposition à Kinshasa.
Elle l'a fait savoir, après le lancement par Joseph Kabila du Front pour la refondation de la nation (FRN), issu de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23.
Dans son message, Marie-Ange Mushobekwa revient sur les années passées aux côtés de l’ancien chef de l’État, dont elle reconnaît l’influence sur son parcours politique. Elle évoque une collaboration marquée, selon ses propres termes, par le respect, la conviction et la loyauté.
L’ancienne ministre affirme également avoir tiré de cette expérience des enseignements qu’elle entend valoriser dans la suite de sa carrière. Elle distingue toutefois cet héritage politique du choix de recourir aux armes, auquel elle refuse désormais d’être associée.
« Je décide de prendre des distances avec cette voie à laquelle je ne suis liée de près ni de loin », précise-t-elle, en référence à l’option militaire qu’elle attribue à Joseph Kabila.
Malgré cette prise de distance, Marie-Ange Mushobekwa n’annonce pas son retrait de la vie politique. Elle entend poursuivre son engagement au sein de l’opposition à Kinshasa, en privilégiant une démarche qu’elle présente comme républicaine et dépourvue de recours à la violence.
Cette déclaration marque ainsi une distinction entre sa fidélité aux enseignements qu’elle dit avoir tirés de son expérience auprès de Joseph Kabila et son désaccord avec l’orientation qu’elle lui prête aujourd’hui.
Sur la résolution de la crise congolaise, l’ancienne ministre défend la voie des négociations. Elle estime que la recherche d’une paix durable exige des échanges sincères, ouverts aux différentes parties et orientés vers des solutions constructives.
Elle réaffirme, dans cette perspective, son attachement à l’unité et à l’intégrité de la République démocratique du Congo, qu’elle souhaite voir demeurer un État uni et indivisible.
La déclaration de Marie-Ange Mushobekwa intervient alors que les recompositions politiques autour de Joseph Kabila et de l’AFC-M23 alimentent les débats sur les voies de sortie de la crise congolaise. Son message met en avant une ligne de démarcation entre la contestation politique par des moyens pacifiques et le recours à la lutte armée.
Reste à savoir quelles conséquences cette prise de position aura sur ses relations avec les acteurs politiques issus de son ancien environnement et sur la dynamique de l’opposition congolaise.
Christian Balemba / Afrique-One.net